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L’endettement croissant des entreprises fait peser un risque sur le système financier français

Dans sa dernière Evaluation des risques du système financier, la Banque de France pointe l’endettement des ménages et des entreprises, comme le plus fort risque pour le système financier !

La croissance de l’endettement des ménages n’est pas trop inquiétante, du fait d’emprunts généralement souscrits à taux fixes, qui protègent les emprunteurs contre la remontée des taux. En revanche, il n’en est pas de même pour les entreprises.

L’endettement de sociétés non financières françaises atteint 1.645 milliards d’€ à fin 2017 et représente 71,8% du PIB contre 62% pour la moyenne de la zone euro. La France est ainsi « le grand pays européen présentant le plus haut ratio d’endettement des sociétés non financières. »

Ainsi, alors que les taux sont restés très bas, le service de la dette n’a pas baissé compte tenu de l’accroissement de l’endettement alors qu’il recule dans les autres grandes économies de la zone euro.

Le rapport montre la spectaculaire chute du coût de financement des entreprises françaises, tombé aux environs de 1 à 1,4% . Les grandes entreprises se financent désormais à 85% sur les marchés et le financement bancaire est surtout réservé aux PME et ETI. Les taux sont plus bas en France qu’en Espagne et qu’en Italie (mais pas qu’en Allemagne), ce qui compense partiellement le plus fort recours à la dette.

La remontée des taux pourrait avoir un effet « significatif » sur la situation financière des entreprises endettées, en particulier les PME.

En cas de hausse de 100 pb des taux courts et de 200 pb des taux longs «au bout d’un an, la charge d’intérêts augmenterait de 7 mds d’€ ». Un niveau à mettre en regard des charges d’intérêt nettes des entreprises non financières qui atteignaient 27 mds d’€ fin 2016. L’impact dépendrait de la capacité des entreprises à répercuter cette hausse des taux sur leurs prix de vente et à augmenter leurs revenus issus d’actifs financiers.

La Banque de France a demandé aux banques françaises d’augmenter leur ‘’matelas’’ de fonds propres, après leur avoir imposé de limiter leur exposition aux entreprises les plus endettées à 5% de leurs fonds propres, contre 10% jusqu’ici.

Elle se préoccupe aussi des « développement et relâchement des conditions d’octroi des financements d’entreprise à effet de levier en France. » Les LBO sont en forte croissance avec un assouplissement des clauses contractuelles lié à un fort appétit pour le risque des investisseurs.

Du côté des prêts à effet de levier non bancaires, si les entreprises emprunteuses sont aujourd’hui « en position de force », du fait d’une forte demande des investisseurs en quête de rendement, la situation pourrait se renverser en cas de remontée des taux et des écarts de taux, les investisseurs se reportant vers les obligations d’État ou d’entreprises mieux notées.

« Un mouvement de réallocation des portefeuilles vers des actifs obligataires moins risqués pourrait alors réduire la demande sur les nouvelles émissions et exposer les sociétés non financières à des coûts de financements/refinancements plus élevés ».

 

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