Les points clés du financement de créances

L’intérêt d’un financement adossé à un actif est d’améliorer la qualité de l’emprunteur et donc sa capacité d’accès à des fonds au-delà de ce que permettrait en théorie sa propre signature.

La qualité du collatéral est donc essentielle et son appréciation encore plus !

A l’inventaire des actifs d’une société, il en est un qui surpasse tous les autres en termes de liquidité et d’objectivité quant à sa valorisation : le poste clients.

Les créances clients sont l’expression du crédit inter-entreprise lequel à toujours été la pierre angulaire du commerce, en particulier dans de nombreux pays d’Europe où les sociétés acheteuses apparaissent peu capitalisées. Évidemment, cela ne fait pas toujours l’affaire des fournisseurs qui en devenant les « banquiers » de leurs clients doivent à leur tour gérer  une problématique de refinancement.

C’est cette situation qui a favorisé le développement d’une importante industrie visant à valoriser les actifs proposé en garantie  et ainsi à maximiser les financements accordés : l’assurance crédit et l’affacturage.

L’assurance crédit vise à sécuriser le crédit inter-entreprises en se substituant à l’acheteur en défaut de paiement (le débiteur) par le paiement une indemnité d’assurance au vendeur (le fournisseur assuré)

Ainsi, dès lors que les créances sont garanties en partie ou en totalité,  l’actif désormais valorisé devient attractif pour le factor qui le prendra en gage en contrepartie de son financement.

Les avantages de ces solutions sont tels que l’affacturage représente aujourd’hui en France la deuxième source de financement des entreprises après le découvert bancaire. Ailleurs en Europe, il est également prépondérant.

La puissance de cette combinaison revient sans aucun doute à la séparation des acteurs concourants au financement :

  • l’assureur qualifie l’actif (ce qui représente une négociation en soit)
  • le factor finance a dûe proportion de la valorisation de l’actif cédé (selon des critères là aussi négociables)

Le préteur n’est donc pas juge et partie.

Il faut noter que depuis longtemps les factors proposent un produit « tout inclus » à travers lequel ils offrent à la fois la sélection des créances éligibles au financement et le paiement sans recours de celles-ci en cas de défaillance de l’acheteur

Mais dans ce cas, lorsque la qualité du préteur se dégrade et/ou que les contraintes d’allocation de fonds propres et/ou de rentabilité se font plus fortes pour l’établissement prêteur, ce dernier peut avoir un intérêt à dévaloriser unilatéralement l’actif en réduisant les garanties individuelles qu’il accorde sur les acheteurs.

Sauf exception, le financement étant limité au plafond de garantie accordé sur chaque acheteur, cette stratégie est doublement gagnante pour le factor puisqu’elle lui permet d’abaisser son engagement sur le prêteur et d’augmenter proportionnellement la taille de son gage.

En conclusion, on comprend que le poste clients soit la boite à outils du trésorier de l’entreprise compte tenu de l’appétit des acteurs à même de le rehausser et de le financer. On gardera cependant en tête de bien séparer les deux pour sélectionner la meilleure combinaison assureur/financeur et obtenir les robustesses les plus pertinentes chez chacun d’eux.

L’emprunteur pourra d’ailleurs construire son indépendance financière en se mettant en situation de suivre les critères idéaux du financeur en :

  • suivant les préconisations de l’assureur pour orienter sa force commerciale sur des clients solvables,
  • définissant de bonnes procédures de facturation et de résolution des litiges,
  • possédant des agents de recouvrement efficace limitant les retards de paiement,
  • imputant au plus vite les règlements reçus.
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